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DEEP INSIDE

JUNE 24TH > AUGUST 13TH

Opening Preview Thursday June 23rd 18:00 - 21:00

Gaston Bertin - Daniele Buetti - Ildiko Hetesi - Thomas Israel - Georges Meurant - Martin Richman - Gavin Turk - Carrie Yamaoka



Deep inside: au coeur de la surface, rassemble huit plasticiens partageant un même questionnement de l'image ou, plus précisément, de ce qui la compose. L'exposition s'inscrit dans la tradition de la galerie Aeroplastics qui, depuis ses débuts, a toujours privilégié des œuvres axées sur une mise à plat de la représentation : celle-ci n'est souvent que le sommet d'un iceberg dont la base flotte quelque part dans les profondeurs du visible. La peinture de Georges Meurant est emblématique de cette réflexion. Sa construction repose sur l'utilisation exclusive du carré et du rectangle. Pourtant, c'est la simplicité même de leur architecture qui rend les toiles de Meurant si complexes à décrire. L'œil passe d'une couleur à l'autre, créant à chaque fois de nouvelles associations, de nouvelles compositions, à la manière de pixels sur un écran. Cette pixellisation est au cœur du travail de Ildiko Hetesi : « je veux comprendre ce que la numérisation du monde fait à notre mode de fonctionnement et de vision ». Hetesi conçoit ce qu'elle décrit comme des schémas mentaux similaires à ceux, bien réels, qui permettent aux ordinateurs de fonctionner. Ses compositions sont construites au départ d'une juxtaposition arbitraire de séquences pixellisées glanées sur des écrans LCD, LED ou tactiles. La série Oh Boy ! Oh Boy ! de Daniele Buetti repose également sur des images recomposées de manière aléatoire. Des photographies trouvées, retravaillées et magnifiées, sont contrecollées sur un matériau transparent puis découpées au laser. Réassemblées, elles forment des compositions à mi-chemin entre l'abstraction et la représentation, une sorte d'hommage à l'art de la mosaïque byzantine.

Avec Métacrâne de Thomas Israël, l'on rentre véritablement dans le domaine de l'art numérique. Les mots qu'il utilise pour décrire son projet rejoignent la réflexion de Ildiko Hetesi : il s'agit d'un « schéma d'activité cérébrale ». Concrètement, le spectateur est immergé dans une forme semi- sphérique où sont projetés des extraits de mille vidéos, de cent musiques et de quatre-vingt textes parlés. Mais ce qu'il retient – ou pas – de ce bombardement d'informations visuelles et sonores, est étroitement lié à ce qu'il « apporte » avec lui, c'est-à-dire les images qui, déjà, peuplent son cerveau. Martin Richman évoque, lui aussi le rôle de l'imaginaire du spectateur dans la contemplation de ses Spiral Paintings : « La spirale forme une barrière visuelle, à travers laquelle d'autres espaces sont visibles (…). La barrière suggère peut-être que l'espace intérieur n'est accessible qu'à l'imagination du regardeur. » Chez Gaston Bertin et Carrie Yamaoka, c'est la lumière qui sert de matériau de base. « Je fais des photos pour voir ce que j'ai vu », déclare Bertin, dont les images numériques abstraites sont réalisées en jouant sur la perspective et l'angle de l'objectif, sans passer par un traite ment infographique. Quant aux tableaux de Carrie Yamaoka, ils se composent de multiples couches de résines époxy, entre lesquelles sont piégées des bulles d'air qui créent une infinité de variations colorées. Dans cette univers abstrait, la présence de Gavin Turk n'a pourtant rien de surprenant : maître du simulacre, de la copie et de la réappropriation, lui aussi interroge se qui se cache sous la surface des choses – une toile de Warhol ou de Pollock, un portrait du Che : what you see is not always what you get.